La catéchèse des premiers chrétiens :
un trésor pour la nouvelle évangélisation

Matthieu 11,25-30

Mon joug est facile à mettre et Mon fardeau léger à porter

Évangile du dimanche 5 juillet

par , académicien

Les disciples reviennent de leur première grande mission. La Malpanoutha qu’ils ont entendue de la bouche même du Seigneur et qu’ils ont gravée dans le fond de leur cœur, ils ont été la proclamer par toutes les tribus d’Israël, en appliquant scrupuleusement la pédagogie enseignée par leur Maître. C’est maintenant le temps d’une sorte de « débriefing » au cours duquel il va s’agir pour eux d’aller encore une peu plus avant dans la compréhension d’une méthode d’évangélisation qui ne souffre aucune improvisation et que Jésus a d’ailleurs conçue et programmée dans ses moindres détails. Une évangélisation dont l’objectif essentiel est d’annoncer que Dieu est Miséricorde.

Clin d'œil pour un nouveau regard sur la catéchèse :

Le XXe siècle a vu l’échec des utopies totalitaires et de leurs œuvres sanguinaires, avec toutes leurs fallacieuses promesses d’émancipation des mœurs et de libération des esprits. Le temps ne serait-il pas venu pour l’homme de ce nouveau siècle, de s’interroger sur le « joug léger » et sur « le fardeau facile à mettre et à porter » que la Miséricorde de Dieu nous propose, par l’entremise de Son Fils Jésus ?

Données introductives

Évangile du dimanche 5 juillet 2026 :

14e Dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Synopse de cet évangile :

Ras. pour les évangélistes mais Saint Paul, ancien étudiant de Gamaliel, le rappelle en Cor. 1,20

Complément d'information : Marie Mère de l’Église pages 24, 184 et 302
Niveau d’enseignement : 2e niveau : enseignements de Jésus aux disciples (pour les diacres)
Collier évangélique : Collier vocation-mission des Douze

Note : Le découpage liturgique des évangiles ne révèle pas leur composition en damiers et en colliers de perles. Rétablir cette connaissance - qui structure l'enseignement donné par Jésus Lui-même - apporterait richesse et facilité d'assimilation à la catéchèse.
Consulter Les colliers évangéliques (2003) et La mémoire en damiers (2023).

L'Évangile : Matthieu 11,25-30

Note de traduction : pour des questions de droits d’auteur qui nous empêchent de publier le texte commun, nous vous proposons ici une traduction de l'Évangile depuis la Vulgate latine et la Peshitta araméenne. Bien qu'imparfaite, notre traduction cherche à favoriser la conservation du contexte de ces deux traditions ecclésiales. La pertinence de cette page tient davantage au commentaire proposé à sa suite.

  1. [1]À ce moment-là, Jésus répondit et dit : Je Te rends grâce, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et Tu les as révélées aux tout-petits.
  2. Oui, Mon Père, car ainsi est Ta volonté première[2].
  3. Mon Père M’a tout donné. Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père ; et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
  4. Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et Je vous soulagerai [dans vos efforts].
  5. Prenez sur vous Mon joug en recevant Mon enseignement, car Je suis doux et humble en Mon Coeur, et vous trouverez le soulagement pour vos âmes.
  6. Car Mon joug est facile à mettre[3], et Mon fardeau léger à porter.

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Commentaire

L’annonce aux tout-petits

Si, en plus de la charge d’enseigner les foules et de recruter les premiers cadres de Son Église, Jésus a investi ses disciples du pouvoir d’opérer des miracles, c’est parce qu’Il veut absolument que son enseignement soit prioritairement transmis aux « tout-petits » ; c’est-à-dire à un public composé d’humbles et même d’ignorants qui auraient certainement du mal à comprendre les explications tarabiscotées des docteurs de la Loi, mais qui, en revanche, se laisseront volontiers convaincre par l’image d’un Dieu dont l’Amour et la Miséricorde se manifestent par des faits concrets et évidemment observables : par des aveugles dont les yeux s’ouvrent à la lumière, par des paralysés qui se remettent à marcher, par des sourds qui s’éveillent à la Parole et des lépreux qui reprennent leur place dans la société des hommes ; autant d’extraordinaires prodiges qui ont permis à la foule de ces « petits » de toucher du doigt la toute-puissance de leur Dieu et l’Amour infini qu’Il porte à ses fragiles créatures.

La Miséricorde avant toutes choses

Aux yeux de Jésus, ce qui est le plus urgent, c’est donc d’annoncer à tous ceux qui ont l’esprit assez pur et le cœur assez pauvre pour l’entendre, que Dieu « est Miséricorde » . C’est là ce qu’Il affirme sans ambages dès les premiers versets de notre évangile du jour, avec cette prière de louange qu’Il fait monter vers Son Père :

  1. À ce moment-là, Jésus répondit et dit : Je Te rends grâce, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et Tu les as révélées aux tout-petits.

Pour les savantes oreilles des rabbis d’Israël et des docteurs de la Loi[1], une telle affirmation a dû paraître pour le moins déconcertante, voire même totalement scandaleuse ; et aujourd’hui encore, les caciques de nos Universités laïcistes ont peut-être quelque mal à en saisir toute la pertinence et à comprendre qu’on puisse y adhérer !

Un joug léger comme l’encens

L’enseignement que Jésus dispense ici et que Matthieu nous transmet dans cette page d’évangile n’est pas une dissertation théorique qui porterait sur le concept de miséricorde. Il n’a rien à voir avec le savant discours que pourrait produire un adepte du stoïcisme au moment de parler devant l’Aréopage. Il s’agit d’une initiation pratique qui vise à rendre l’homme attentif à l’attention amoureuse avec laquelle Son Dieu Tout Puissant l’observe et prend soin de lui ; et de lui apprendre à vivre en Sa divine présence, ou pour mieux dire, à être heureux avec Elle et par Elle, malgré toutes les détresses et toutes les souffrances de la vie.

C’est dans ce but qu’Il fait choix de la belle et si parlante parabole du joug. C’est en effet un modèle particulièrement bien choisi pour apprendre à soulager les cœurs de ceux qui ont le plus besoin de consolation : de tous ces « blessés de la vie » qui supportent un lourd et quotidien fardeau de souffrances et éprouvent le plus le besoin d’en être soulagés.

Ce que le poids du joug de bois procure aux bœufs qui le portent sur leur nuque, ce n’est pas à proprement parler un repos qui consisterait en un temps d’arrêt et de récupération venant interrompre une longue période de travail. Il s’agit plutôt de cette sorte de soulagement que s’apportent mutuellement les bêtes de trait, grâce au mouvement de balançoire qui rythme et allège la pesanteur de leur marche. C’est un mouvement lent, patient et solidaire, à la faveur duquel les bœufs s’épaulent l’un l’autre afin de mieux se répartir l’effort et de se partager la charge : un mouvement qui n’est pas sans faire penser à la gestuelle par laquelle les cultures de style orale ont coutume d’accompagner la proclamation et l’accueil de la Parole de Dieu.[2]

Ainsi en sera-t-il de la relation que le Seigneur Jésus nous invite à entretenir avec Lui : Lui le Fils, qui est la Face du Père, portera notre joug tandis que nous porterons le Sien. Et ainsi en sera-t-il également pour ses missionnaires qu’Il enverra « deux par deux » de par le Monde pour qu’ils y établissent le Royaume des Cieux en portant le joug de Sa Sainte Parole[3]. Un joug qui leur sera doux et parfumé comme l’ensemble des liturgies.

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