Jean 11,1-45
Résurrection de Lazare : Moi, Je suis la Résurrection et la Vie
Évangile du dimanche 22 mars
par Pierre Perrier, académicien
Après avoir assisté à la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean se sont demandé ce que pouvait bien signifier l’étrange expression (Mt 17,9) que Jésus venait d’utiliser devant eux : « ressuscité des morts » ! Or on peut considérer la résurrection de Lazare comme un début de réponse à cette interrogation ; une réponse qui éclaire les disciples sur la réalité profonde de la vie et de la mort et qui est de nature à les préparer à un évènement dont ils vont bientôt devenir les témoins ; lorsque Jésus aura souffert sa Passion et qu’Il se sera relevé le troisième jour, dans la Gloire de Sa Résurrection.
Nous avons choisi de nous focaliser sur les versets 21 à 32 qui nous semblent être le centre de ce témoignage et qui s’inscrivent dans l’Enseignement que Jésus donne aux deux sœurs ; quitte, pour cela, à ne pas détailler le miracle lui-même.
Clin d'œil pour un nouveau regard sur la catéchèse :
Un évangile qui nous engage à méditer l’expérience de la mort en nous interrogeant à nouveaux frais, et sur les croyances en la réincarnation, et sur les expériences de mort imminente[1].
Données introductives
| Évangile du dimanche 22 mars 2026 : | 5e dimanche de Carême - Année A |
|---|---|
| Synopse de cet évangile : | Dans aucun autre évangile |
| Complément d'information : | Marie Mère de l’Église pages 514 et 591 |
| Niveau d’enseignement : | 1er niveau : catéchèse de Jésus aux familles, "dans les maisons" (pour tous) |
| Colliers évangéliques : |
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Note : Le découpage liturgique des évangiles ne révèle pas leur composition en damiers et en colliers de perles. Rétablir cette connaissance - qui structure l'enseignement donné par Jésus Lui-même - apporterait richesse et facilité d'assimilation à la catéchèse. |
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L'Évangile : Jean 11,21-32
Note de traduction : pour des questions de droits d’auteur qui nous empêchent de publier le texte commun, nous vous proposons ici une traduction de l'Évangile depuis la Vulgate latine et la Peshitta araméenne. Bien qu'imparfaite, notre traduction cherche à favoriser la conservation du contexte de ces deux traditions ecclésiales. La pertinence de cette page tient davantage au commentaire proposé à sa suite.
- [1]Et Marthe répétait à Jésus : « Mon Seigneur, si seulement Vous aviez[2] été ici, mon frère ne serait pas mort.
- Mais, même maintenant, moi je sais que quoique Vous demandiez à Dieu, Il Vous le donne. »
- Jésus lui dit : « Ton frère va se relever. »
- Marthe Lui dit : « Je sais qu’il se relèvera à la Résurrection, au Dernier Jour. »
- Jésus lui dit : « Je suis la Résurrection et les Vies[3]. Celui qui croit en Moi, même s’il meurt, vit.
- Et tous ceux qui vivent et croient en Moi, jusque dans l’Éternité, ne meurent pas ! Crois-tu ceci ? »
- Elle lui dit : « Oui, Mon Seigneur, moi je crois que Vous êtes le Messie, le Fils de Dieu, le Vivant qui est venu dans le monde ! »
- Et quand elle eut dit cela, elle s’en alla appeler discrètement sa sœur Marie et elle lui dit : « Notre Maître vient et Il t’appelle. »[4]
- Et Marie, quand elle l’entendit, se leva vite et vint[5] auprès de Lui.
- Jésus n’était alors pas encore venu dans le village mais dans le lieu où L’avait rencontré Marthe.
- Aussi parmi ceux des Judéens qui étaient alors avec elle dans la maison pour lui faire du bien, quand ils virent Marie se lever vite et sortir, ils la suivirent. Car en effet ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y faire une lamentation.
- Alors que Jésus arriva à son tour à l’endroit où ils se trouvaient tous, Marie Le vit et elle se jeta à Ses pieds et Lui dit : « Si seulement Vous aviez été ici mon frère ne serait pas mort. »
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Commentaire
Un modèle de composition
Pour comprendre la partie du texte sur laquelle nous avons choisi de focaliser notre commentaire, il convient de nous intéresser à son étonnante composition ; laquelle est conçue pour mettre en valeur un des enseignements les plus importants de la Bonne Nouvelle : la foi en la Résurrection.
Ce passage est curieusement structuré grâce à la répétition d’une même phrase que Marthe et Marie prononcent, l’une au verset 21 et l’autre au verset 32 :
« Mon Seigneur, si seulement Vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Ce cri du cœur, qui résonne un peu comme un reproche, exprime toute la détresse que l’âme humaine éprouve lorsqu’elle se trouve confrontée au trépas d’un être cher ; c’est-à-dire à un évènement qui ne laisse jamais de paraître injuste et qui pousse souvent les croyants à se révolter contre leur Créateur.
Malgré les professions de foi auxquelles elles se livrent, les sœurs de Lazare ne sont pas à l’abri de tels sentiments et on sent bien que ni l’une ni l’autre ne comprend véritablement ce que la mort peut signifier. Ainsi faut-il que Jésus, non seulement leur en ouvre le sens par ses paroles, mais qu’Il leur en fasse toucher la réalité du doigt par une expérience sensible... Laquelle expérience sera... la résurrection de leur frère !
Une bonne pastorale
En bon pédagogue qu’Il est, le divin Maître prend d’abord soin de préparer ses interlocutrices. Cela se voit à quelques détails que le texte de Jean ne manque pas de noter.
Jésus n’est pas présent au moment de la mort de Lazare et le moins qu’on puisse dire est qu’Il ne se hâte guère de répondre aux appels réitérés que lui adressent les deux sœurs. En fait on a l’impression qu’Il fait délibérément traîner les choses, afin de laisser à Marthe et à Marie le temps de prendre pleinement conscience de la réalité de la mort, et qu’elles n’aillent pas se bercer d’illusions en se convainquant qu’il ne s’agit que d’un « sommeil profond ».
C’est en somme très intentionnellement que Jésus fait la sourde oreille et qu’Il laisse passer quatre longs jours avant que de se rendre au tombeau de son ami Lazare. Il y arrive quand le corps commence à se décomposer et à sentir, et qu’il n’y a plus aucun espoir pour qu’il revienne à la vie ; comme Jésus le fit pour la fille de Jaïre et le fils de la veuve de Naïm.
En une phrase Jésus révèle tout : sur la vie, sur la mort et sur la Résurrection
La phrase est d’abord prononcée par Marthe qui l’accompagne d’une double profession de foi :
« je sais que quoi que Tu demandes à Dieu, Il Te le donne »
« Je sais que mon frère se relèvera à la Résurrection, au dernier jour ».
Mais pour sincères que soient ces propos, ils ne donnent pas l’impression que Marthe ait la moindre idée de ce que recouvrent réellement les notions de « vie » et de « résurrection ». Pour qu’elles lui deviennent compréhensibles, il faut que Jésus en donne la clé ; ce qu’Il fait en prononçant cette phrase, apparemment simple : « Moi, Je suis la Résurrection et la Vie »[1]
Pour que le sens de cette formule apparaisse clairement, il convient de se rendre attentif à l’ordre des mots. Il n’est nullement choisi au hasard. En effet, le schéma n’est pas celui d’une vie qui viendrait en premier et serait interrompue par la mort, avant que d’être restaurée par la toute-puissance divine à la fin des temps, comme le comprend Marthe.
Ce qui est (très intentionnellement) nommé en premier, c’est Jésus Lui-même. C’est Lui qui est source de la résurrection et qui, en permanence, entretient en nous la capacité à être ressuscité dans la succession des « trois vies » : sur terre, au Shéol et dans la Jérusalem Céleste.
Il y a en somme concomitance de la vie et de la mort. La vie se poursuivant malgré la mort et comme en "surfant" sur elle.
Jésus, qui est le Vivant venu dans le monde manifeste la gloire de Dieu
Au verset 32, c’est Marie qui parle ; et elle ne manifeste d’ailleurs pas moins de confiance en Jésus que sa sœur. Et là, ce n’est pas par une explication supplémentaire et pourrait-on dire théorique que Jésus répond mais par un miracle qu’Il opère devant elle et qui est la résurrection de son frère.
Marie qui, des deux sœurs, est la plus « spirituelle » a sans doute commencé à comprendre la réponse que Jésus a faite à sa sœur et sans doute est-elle plus capable de ne pas interpréter ce miracle comme un simple prodige mais comme une manifestation évidente de la Gloire de Dieu. Un miracle qui la comble de joie !
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