La catéchèse des premiers chrétiens :
un trésor pour la nouvelle évangélisation

Jean 7,37-39

L’eau vivifiante de l’Esprit

Évangile du dimanche 24 mai

par , académicien

Le baptême institué par Jean n’était ni une formalité religieuse, ni un simple « rite de passage » ou une curiosité ethnographique. Il était fait pour s’inscrire dans un parcours spirituel et liturgique et préparer le fidèle à l’accueil du Messie. C’est ce que cet évangile nous enseigne.

Clin d'œil pour un nouveau regard sur la catéchèse :

Lors de sa première visite à Notre-Dame de Paris, Saint Jean-Paul II a engagé la France à « être fidèle aux promesses de son baptême ». Aujourd’hui, n’y aurait-il pas lieu pour les chrétiens de France de renouveler les promesses du leur ?

Données introductives

Évangile du dimanche 24 mai 2026 :

Pentecôte - Année A
Messe de la Vigile de Pentecôte

Synopse de cet évangile :

Jean Apocalypse 22, 1 et 17

Niveau d’enseignement : Niveau supérieur : révélations de Dieu aux mystiques
Colliers évangéliques :
  • Collier eucharistique (Pain de Vie)
  • Filet de Jean : collier (L6) de la lumière de la Vérité

Note : Le découpage liturgique des évangiles ne révèle pas leur composition en damiers et en colliers de perles. Rétablir cette connaissance - qui structure l'enseignement donné par Jésus Lui-même - apporterait richesse et facilité d'assimilation à la catéchèse.
Consulter Les colliers évangéliques (2003) et La mémoire en damiers (2023) et Marie Mère de l’Église (2025).

L’évangile du Dimanche de Pentecôte est Jean 20,19-23 que nous avons déjà traité et nous vous proposons ici l’évangile de la Vigile de Pentecôte.

L'Évangile : Jean 7,37-39

Note de traduction : pour des questions de droits d’auteur qui nous empêchent de publier le texte commun, nous vous proposons ici une traduction de l'Évangile depuis la Vulgate latine et la Peshitta araméenne. Bien qu'imparfaite, notre traduction cherche à favoriser la conservation du contexte de ces deux traditions ecclésiales. La pertinence de cette page tient davantage au commentaire proposé à sa suite.

  1. [1]Or dans le grand jour de la Fête, Jésus se mit debout[2] et Il dit à haute voix : « Si quelqu’un a soif qu’il vienne à Moi et il boira.
  2. Celui qui croit en Moi, comme l’a dit l’Écriture[3], des fleuves d’eau vive jailliront de son sein. »
  3. Mais Il parlait des dons de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. Car l’Esprit n’avait pas encore été donné, puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.

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Commentaire

Les trois étapes du « roushma »

Il est rare que les lectures proposées par l’Église pour les messes du dimanche présentent un enseignement aussi ramassé dans sa formulation et aussi dense dans son contenu que l’est ce passage de l’évangile de Jean. En seulement trois courts versets, il nous restitue les brèves paroles par lesquelles le Seigneur a tenu à définir les trois grandes étapes qui doivent se conjuguer pour assurer un accomplissement complet, "en Eglise" et au nom de Jésus, de la célébration baptismale ; un accomplissement qui conditionne la vie spirituelle de chacun et que la langue araméenne désigne par le terme « roushma ».

Dans le texte qui nous occupe ici, un verset thématiquement très ciblé est consacré à chacune de ces trois étapes, conférant ainsi à la pensée de Jésus une singulière ouverture sur le Mystère de la Sainte Trinité. Il nous paraît donc judicieux de calquer notre commentaire sur la fécondité de cette composition et d’expliquer le sens des phrases prononcées par Jésus en les prenant l’une après l’autre et en les citant.

1er verset : le Baptême comme demande de pardon

  1. Or dans le grand jour de la Fête, Jésus se mit debout et Il dit à haute voix : « Si quelqu’un a soif qu’il vienne à Moi et il boira.

Pour manifester son identité de Messie, Jésus se met donc debout au milieu de la foule. Et il est important de remarquer qu’Il pose cet acte prophétique au cours de la dernière fête de Kippour ; c’est-à-dire à celle qui a lieu à l’automne de l’année 29. Pour les juifs, cette cérémonie dite du « Grand Pardon » était le moment de l’année liturgique où chacun devait manifester sa soif de vérité et de justice, en demandant à Dieu la rémission de ses fautes. Faite au prix d’un travail de mémoire rigoureux et sincère, cette demande de pardon devait soulager les fidèles de leur passé et les préparer à accueillir le Messie.

Cette démarche de repentir s’inscrivait dans la longue tradition sotériologique[1] du peuple d’Israël ; celle qui part de la promesse faite par le Dieu d’Abraham de sauver son Peuple et qui va jusqu’au baptême institué par Jean-Baptiste.

La première étape du roushma consistait en somme en un examen de conscience et en une demande de pardon qui préparaient à la plénitude du baptême. Laquelle plénitude s’accomplira avec la formation de l’Église.

2e verset : l’onction de l’Esprit Saint qui demeure

  1. Celui qui croit en Moi, comme l’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive jailliront de son sein. »

Après le regret des péchés et le pardon accordé par Dieu, s’ouvrira la deuxième étape du roushma : il s’agira pour le baptisé de partager l’intimité même de Dieu, en s’efforçant de mener devant Sa Face une existence purifiée. Il le fera en étudiant les Paroles de l’Écriture et en accueillant dans son cœur les enseignements de Jésus pour installer en lui un changement d’attitude volontaire.

Cette deuxième étape correspondra en somme à une vie chrétienne centrée sur la foi et la miséricorde qui sera confirmée par des rituels d’Onction.

3e verset : l’Eucharistie, une sanctification qui vient d’En-Haut

  1. Mais Il parlait des dons de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. Car l’Esprit n’avait pas encore été donné, puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.

Ce que Jésus a apporté aux hommes par Sa Passion et Sa Résurrection, ce que l’Eucharistie a rendu présent sur terre, c’est une sanctification qui viendra du Ciel à l’initiative de l’Esprit Saint et qui donnera à l’homme la force de vivre dans la sainteté, et, à l’instar de Son Divin Maître, de transformer la haine en Amour.

Dans cette dernière étape du roushma, cette vie renouvelée pourra être consacrée par l’onction de l’Esprit Saint. En chaque homme, cette onction descendra du Ciel et fera surgir dans son cœur des dons spirituels singuliers qui lui donneront la force de vivre et de persévérer dans la sainteté.

Le roushma : le sceau de l’Esprit Saint

Baptême, onction et eucharistie ; telles sont donc les trois grandes phases du « roushma » qui est un don de Dieu et dont les fruits se manifestent et se multiplient jusque dans la Vie Éternelle.

Elles constituent l’accomplissement de ce que Jean-Baptiste avait préparé en attirant les foules au gué de Beth Araba et en leur y prêchant un baptême de repentir : "Moi, je vous ai baptisés dans les eaux, or Lui, Il vous baptisera dans l’Esprit qui sanctifie." (Marc 1,8)

Ajoutons que ces trois paroles de Jésus ne concernent pas seulement la vie spirituelle du croyant. Elles projettent aussi l’organisation future et concrète de l’Église. Les chrétiens qui auront appris chez eux l’enseignement de Jésus pourront participer aux qoubalé de récitations et repas. Et c’est seulement après un certain temps, qu’ils pourront recevoir le sceau du roushma, en ses trois étapes, pour faire pleinement partie de l’Église.

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Christ dans la synagogue

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Jean 17,1-11 - Prière sacerdotale de Jésus Qu’ils soient « un » comme Toi et Moi Nous sommes « un » - Évangile du dimanche 17 mai

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Il est important de remarquer que la scène rapportée par cet évangile se produit juste après l’institution de l’Eucharistie, et qu’elle est à inscrire dans le déroulé de l’ensemble de la Passion. On peut même dire qu’elle marque le véritable commencement de cette tragique séquence au cours de laquelle le Dieu d’Israël est venu révéler aux hommes Sa véritable nature : une nature par essence ... Lire la suite >>


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