La catéchèse des premiers chrétiens :
un trésor pour la nouvelle évangélisation

Jean 1,29-34

Voici l’agneau de Dieu

Évangile du dimanche 18 janvier

par , académicien

Que l’Agneau immolé soit le Fils de Dieu, voilà ce que Jean-Baptiste ne pouvait comprendre par lui-même, bien qu’il en fût le plus capable. C’est le Père Lui-même qui doit le lui révéler, faisant de lui le plus grand des prophètes...

Clin d'œil pour un nouveau regard sur la catéchèse :

Parce qu’il a ruminé le sacrifice d’Abraham, Jean-Baptiste a pu comprendre que Jésus était l’agneau immolé. Puisse son exemple inspirer les catéchistes afin qu’ils enseignent la Parole par cœur et habituent leurs disciples à la ruminer... Pour que Dieu puisse nous instruire, nous avons à apprendre les textes par cœur et à les ruminer, les méditer pour en faire jaillir la cohérence de Son enseignement.

Données introductives sur Jean 1,29-34

Évangile du dimanche 18 janvier 2026 :

2e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

Synopse de cet évangile :
  • Luc 3,21-22
  • Marc 1,9-11
  • Matthieu 3,13-17
Complément d'information : Marie Mère de l’Église page 13
Niveau d’enseignement : Niveau supérieur : révélations de Dieu aux mystiques
Collier évangélique : Collier de Jean-Baptiste à Jésus

Note : Le découpage liturgique des évangiles ne révèle pas leur composition en damiers et en colliers de perles. Rétablir cette connaissance - qui structure l'enseignement donné par Jésus Lui-même - apporterait richesse et facilité d'assimilation à la catéchèse.
Consulter Les colliers évangéliques (2003) et La mémoire en damiers (2023).

L'Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean
chapitre 1, versets 29 à 34

Note de traduction : pour des questions de droits d’auteur qui nous empêchent de publier le texte commun, nous vous proposons ici une traduction de l'Évangile depuis la Vulgate latine et la Peshitta araméenne. Bien qu'imparfaite, notre traduction cherche à favoriser la conservation du contexte de ces deux traditions ecclésiales. La pertinence de cette page tient davantage au commentaire proposé à sa suite.

  1. Le lendemain[1], Jean vit Jésus venir à lui et dit : « Voici l’Agneau de Dieu, voici Celui qui prend sur Lui le péché du monde.
  2. C’est Celui dont j’ai dit : "Après moi vient un homme qui était avant moi, parce qu’antérieur à moi."[2]
  3. Et je ne l’avais pas compris, mais afin qu’Il soit manifesté en Israël, je suis venu baptiser avec de l’eau. »
  4. Jean rendit témoignage, disant : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur Lui.
  5. Et je ne l’avais pas compris, mais Celui qui m’a envoyé baptiser avec de l’eau, Lui, m’a dit : "Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est Lui qui baptise dans le Saint-Esprit."
  6. Et j’ai vu et je rends témoignage : Celui-ci est le Fils de Dieu. »

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Commentaire et contexte de cet Évangile

Le Fils et l’Agneau

C’est, comme à son habitude, un enseignement très structuré et donc facilement mémorisable que l’évangéliste Jean nous propose ici. Il le déploie entre deux phrases prononcées par Jean-Baptiste au cours du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain.
La première de ces phrases est une prophétie qu’il donne à haute voix en apercevant le Seigneur dans la foule venue se faire baptiser au gué de Beth Araba : « Voici l’agneau de Dieu, Celui qui prend sur lui le péché du monde ».
La seconde phrase est un témoignage qu’il livre après avoir vu la colombe descendre d’auprès du Père et se poser sur la tête de Jésus : « Celui-ci est le Fils de Dieu ».

Placés l’un à la tête et l’autre à la fin du texte, les deux versets incluant ces phrases se font évidemment écho ; et ils se conjuguent pour livrer une révélation essentielle : l’agneau immolé, dont Jean-Baptiste a annoncé la venue en criant dans le désert, n’est autre que le Fils de Dieu.

Jean-Baptiste connaît par cœur le cantique que Zacharie, son père, a composé à l’occasion de sa naissance (le Benedictus) : « Et toi petit enfant tu seras appelé prophète du Très-Haut […] pour donner à son peuple de connaître le salut pour la rémission de ses péchés. » Aussi en voyant Jésus venir à lui comprend-il que c’est Lui l’Agneau sacrifié - celui que préfigure le sacrifice d’Abraham -, et que c’est à lui en sa qualité de prêtre sacrificateur de porter la prophétie de son propre père.

Ce que le Baptiste a eu du mal à comprendre

Que Jésus fût le Fils de Dieu, c’est là une révélation stupéfiante et à laquelle il faut bien voir que Jean, tout prophète qu’il a été, ne pouvait guère s’attendre. On décèle en effet chez lui une sorte d’incapacité à comprendre pleinement le sens de ses propres prophéties, et une incapacité qui se manifeste de façon significative à travers une petite phrase qu’il répète, identique, et à deux versets de distance. Il s’agit de quelques mots qui ne vont d’ailleurs pas sans révéler le profond sentiment d’humilité qui l’anime. Celui qui sera le dernier dans la lignée des prophètes d’Israël dit et répète en effet : « Et je ne l’avais pas compris. »

Il énonce une première fois cette phrase pour souligner le fait que, pour être par l’âge son cadet de six mois, Jésus n’en est pas moins son aîné dans la foi et dans le plan de Dieu ; ou pour le dire autrement qu’Il est « plus grand que lui ». Chose qu’à l’évidence Jean-Baptiste n’avait pas immédiatement comprise.
À la deuxième énonciation de ces mots, Jean reconnaît qu’en voyant la Colombe descendre du ciel, il n’a pas reconnu immédiatement et par lui-même la présence rendue visible de l’Esprit-Saint ; et que c’est le Père Lui-même qui a dû lui ouvrir les yeux et le lui révéler.

Ce que le prophète se préparait à recevoir

En répétant cette phrase Jean-Baptiste avoue en fait que ce qu’il a à révéler dépasse infiniment le sens qu’il a su mettre dans ses propres paroles et qu’au-delà des événements auxquels il lui est donné de participer, quelque chose d’autre et de plus grand se joue. Il n’a donc qu’à accueillir avec humilité le projet du Très-Haut, sans souci des mystères qui l’entourent.
Le cantique que son père Zacharie a composé à l’occasion de sa naissance lui a appris qu’il serait le « précurseur » et qu’il aurait à préparer les chemins du Messie, de Celui qui serait « l’Emmanuel », c’est-à-dire la présence de Dieu parmi les hommes. Mais c’est seulement après coup - et à force d’avoir ruminé le sacrifice d’Abraham[1] - qu’il a pu comprendre que Jésus serait également cet « Agneau immolé » qui « fait la joie de Dieu le Père. »

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