La catéchèse des premiers chrétiens :
un trésor pour la nouvelle évangélisation

Mt 21,1-11

Les Rameaux : Les fiançailles de Dieu avec Son peuple

Évangile du dimanche 29 mars

par , académicien

L’entrée royale de Jésus, prince populaire, sur un ânon, le petit de l’ânesse...

C’est avec une particulière attention qu’il convient d’aborder l’extraordinaire densité métaphorique du récit que Matthieu nous donne aujourd’hui de méditer. L’évènement qu’il rapporte s’enracine en effet dans les profondeurs de la liturgie du temps pascal ; de cette liturgie fastueuse dans laquelle les Hébreux avaient coutume de célébrer les fiançailles du Tout-Puissant avec Son peuple Israël.

Clin d'œil pour un nouveau regard sur la catéchèse :

Derrière l’enthousiasme volontiers conquérant de la foule, ce sont les humbles exigences de l’Amour qui se font entendre dans cet épisode de l’entrée à Jérusalem. Un modèle pour notre temps ?

Données introductives

Évangile du dimanche 29 mars 2026 :

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur - Année A

Synopse de cet évangile :
  • Jean 12,12-15
  • Luc 19,28-32
  • Marc 11,1-11
Niveau d’enseignement : 1er niveau : catéchèse de Jésus aux familles, "dans les maisons" (pour tous)
Collier évangélique : Collier de la montée et de la dernière semaine

Note : Le découpage liturgique des évangiles ne révèle pas leur composition en damiers et en colliers de perles. Rétablir cette connaissance - qui structure l'enseignement donné par Jésus Lui-même - apporterait richesse et facilité d'assimilation à la catéchèse.
Consulter Les colliers évangéliques (2003) et La mémoire en damiers (2023) et Marie Mère de l’Église (2025).

L'Évangile : Matthieu 21,1-11

Note de traduction : pour des questions de droits d’auteur qui nous empêchent de publier le texte commun, nous vous proposons ici une traduction de l'Évangile depuis la Vulgate latine et la Peshitta araméenne. Bien qu'imparfaite, notre traduction cherche à favoriser la conservation du contexte de ces deux traditions ecclésiales. La pertinence de cette page tient davantage au commentaire proposé à sa suite.

  1. [1]Et alors qu’ils sont proches de Jérusalem et qu’ils sont venus à Betphagé, entrant au mont des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples.
  2. Et Il leur dit : « Allez au village voisin où vous trouverez aussitôt, retenus pour vous, une ânesse attachée et son ânon avec elle. Déliez, c’est pour Moi.
  3. Et si un homme vous dit, ou fait quelque chose, dites-lui : "Notre Seigneur en a besoin et aussitôt Il vous le renverra." »[2]
  4. Alors ceci eut lieu pour que s’accomplisse ce qui avait été annoncé par la main du prophète[3] qui dit :
  5. « Dis à la fille de Sion[4] : voici ton Roi qui vient pour toi, humble, monté sur un ânon, le petit d’une ânesse. »
  6. Et les disciples allèrent et firent comme Jésus leur avait commandé.
  7. Et ils amenèrent l’ânesse et l’ânon et ils posèrent sur l’ânesse leurs manteaux et Jésus monta sur lui [l’ânon].
  8. Et une grande foule se mit à étaler ses vêtements sur la route, tandis que d’autres coupaient des branches d’arbres et les jetaient sur la route.
  9. Alors les foules qui allaient en premier devant Lui et celles qui Le suivaient criaient : « Élève-moi ô fils de David. Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur-Dieu, élève-moi[5] jusqu’aux Cieux ! »
  10. Et quand Il entra à Jérusalem tout le chef-lieu fut bouleversé[6] et ils disaient : « Qui est-il Celui-ci ? »
  11. Alors la foule disait : « Celui-ci, c’est Jésus le prophète de Nazareth de Galilée. »

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Commentaire

Une célébration de l’amour

Significativement, Jésus ne se rend pas à cette grande solennité en suivant le Jourdain. Pour se joindre aux foules qui convergent vers le mont du Temple, Il emprunte la route difficile et écrasée de soleil qui part d’Aïn Guédi et pénètre dans Jérusalem pour former sa principale artère.

Située sur les bords de la Mer morte, Aïn Guédi est un jardin paradisiaque. À l’auteur du Cantique des Cantiques, sa végétation luxuriante et ses ombrages hospitaliers ont inspiré une métaphore poétique, propre à exprimer la perfection de l’amour : amour du Bien-aimé et de la Bien-aimée ; un amour seulement humain mais dans lequel la tradition chrétienne a toujours voulu voir une préfiguration de l’Amour de Jésus pour Son Église.

Le temps des figues

Il vaut la peine de noter au passage que cette route empruntée par le Seigneur passe aussi par Bethphagé, faubourg de Béthanie dont le nom signifie « Maison des figues ». Le récit fait ainsi allusion à un arbre dont les fruits précoces annoncent traditionnellement l’arrivée du printemps et le temps des amours ; en même temps d’ailleurs qu’il évoque la fécondité que Jésus exigera avec force de la vie spirituelle, lorsqu’il condamnera le « figuier stérile » à être arraché de terre.

« Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… » Cantique des Cantiques 2,13

Ce verset dit bien dans quelles dispositions de cœur et d’esprit les fidèles devaient gravir le mont du Temple, en entonnant à l’unisson le fameux « psaume des montées »[1].

Réalisation de la prophétie de Zacharie

Pour cette entrée dans la Semaine Sainte Jésus a tout préparé dans les moindres détails et s’Il ordonne à deux de ses disciples d’aller chercher « l’ânesse et son ânon » qui attendent aux portes de la ville, c’est afin que se réalise à la lettre l’étrange prophétie que Zacharie a adressée à la fille de Sion[2] :

« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. » Zacharie 9,9

La location de ces montures était une pratique très organisée à Jérusalem. À ceux qui n’avaient pas les moyens de prendre un hôtel à l’intérieur de la Cité Sainte, elle permettait de gravir le mont des Oliviers en portant avec eux leurs effets personnels. Et c’est précisément ce que firent Jésus et ses disciples. L’ânesse porta leurs vêtements et les toiles de leurs tentes, tandis que Lui-même prit l’ânon pour monture. Il se mit ainsi dans la position la plus humble ; alors qu’en sa qualité de roi et d’héritier du trône de David, Il aurait dû faire son « entrée royale » sur un beau cheval.

Des rameaux et des « Hosanna »

Néanmoins, les habitants, que Jésus avait sans doute fait prévenir de Sa présence, ne s’y sont pas trompés. Malgré l’humilité de Son apparence, ils reconnurent en Lui leur roi, le descendant de David et le légitime héritier de sa couronne. C’est bien à une « entrée royale » qu’ils ont eu le sentiment d’avoir affaire et c’est en l’honneur d’un prince qu’ils ont formé une procession et qu’ils se sont dirigés vers le Temple puis vers le mont Sion, où se trouvaient le palais et le tombeau de la dynastie davidienne.

Deux détails significatifs indiquent clairement qu’ils s’adressèrent à Jésus comme à leur roi. Le premier est un geste de révérence qui consiste à joncher son chemin de branches d’arbres et de rameaux d’olivier ; comme on déroule aujourd’hui un tapis rouge pour accueillir un hôte de marque.

Le deuxième détail, ce sont les « Hosanna » qu’ils ont fait monter vers le ciel. Ce mot qui signifie « élève-moi » et qu’on prononce en élevant les mains dans un geste d’oblation, est une manière de se mettre au service de Dieu, en Lui disant : élève-Toi et élève-moi avec Toi dans Ton Royaume.

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Entrée du Christ à Jérusalem

Panneau central d’un triptyque
Constantinople - Xᵉ siècle

Bode-Museum, Berlin


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