La catéchèse des premiers chrétiens :
un trésor pour la nouvelle évangélisation

Jean 3,16-18

Celui qui fait l’effort de croire en Jésus n’est pas condamnable

Évangile du dimanche 31 mai

par , académicien

Même après 2000 ans de christianisme, la doctrine du Salut dont cet évangile donne le principe ne laisse pas de nous étonner. Nous peinons toujours un peu à comprendre ce Dieu d’Israël qui, en dépit de sa toute-puissance, prend sur Lui « tous les péchés du monde » et surtout accepte de se laisser humilier ; en supportant docilement et en silence les mépris et les crachats de ceux-là mêmes qu’Il vient sauver.

Clin d'œil pour un nouveau regard sur la catéchèse :

La conception du Salut donnée dans cet évangile est pour le moins singulière. Aucune idéologie humaniste, ni aucune autre religion dans le monde, n’a eu l’audace d’en imaginer une telle ; par exemple l’islam se représente Allah comme une divinité impassible et comme un juge sévère dont les adorateurs doivent avant tout redouter la vengeance.

Données introductives

Évangile du dimanche 31 mai 2026 :

La Sainte Trinité - Solennité Année A

Synopse de cet évangile :

Luc 12,46-48

Niveau d’enseignement : 3e niveau : enseignements de Jésus aux apôtres (pour les prêtres)
Colliers évangéliques :
  • Filet de Jean : collier (C5) du Fils unique du Père
  • Filet de Jean : collier des vocations

Note : Le découpage liturgique des évangiles ne révèle pas leur composition en damiers et en colliers de perles. Rétablir cette connaissance - qui structure l'enseignement donné par Jésus Lui-même - apporterait richesse et facilité d'assimilation à la catéchèse.
Consulter Les colliers évangéliques (2003) et La mémoire en damiers (2023) et Marie Mère de l’Église (2025).

L'Évangile : Jean 3,16-18

Note de traduction : pour des questions de droits d’auteur qui nous empêchent de publier le texte commun, nous vous proposons ici une traduction de l'Évangile depuis la Vulgate latine et la Peshitta araméenne. Bien qu'imparfaite, notre traduction cherche à favoriser la conservation du contexte de ces deux traditions ecclésiales. La pertinence de cette page tient davantage au commentaire proposé à sa suite.

  1. Et de même, l’Amour que Dieu a pour le monde [des hommes] et pour son Fils l’Unique engendré, et pareillement, pour tous ceux qui parmi les hommes auront vraiment foi en Lui : ils n’auront pas à craindre leur disparition mais leur seront données des vies qui ne cesseront pas jusqu’à l’Éternité.
  2. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde reprenne vie de Sa Main.
  3. Celui qui fait l’effort de croire en Lui, lui n’est pas condamnable.
    Mais celui qui refuse de croire en Lui, lui est déjà condamné.
    Parce qu’il ne croit pas au nom du Fils Unique de Dieu.

Revecez Etphata par email
grâce à notre lettre :

Commentaire

Autre traduction, "mot-à-mot" de l’araméen

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons ci-dessous l’étape intermédiaire de traduction. Cette étape est habituelle pour nous et elle correspond mieux au phrasé poétique et oral du texte originel. Notez que les reprises de souffle sont indiquées dans l’écriture originale et que nous les signalons ici par des astérisques *. Ces reprises, notons-le bien, ne correspondent pas aux virgules des traductions françaises.

Jn 3,16 :
A-I. C’est ainsi en effet que Dieu a tant aimé le Monde *
A-II. ainsi qu’Il lui a donné Son Fils l’Unique *
A-III. pour que tous ceux qui font acte de foi en Lui pas ne périssent *
A-IV. mais pour que soit pour eux la Vie de l’Éternité *

Jn 3, 17 :
B-I. De fait Dieu n’envoya pas Son Fils au Monde *
B-II. pour que soit jugé le Monde *
B-III. mais pour faire vivre le Monde par Ses Mains *

Jn 3,18 :
C-I. Celui qui porte en lui l’acte de foi commune lui n’est pas condamnable *
C-II. et celui qui ne croit pas en l’acte commun lui est déjà condamné *
C-III. car sa foi n’est pas au Nom de l’Unique Fils de Dieu *

L’exemple d’un mystérieux serpent

L’Amour que Dieu manifeste en Son Fils vise donc à rendre la vie aux hommes, non à les punir. Voilà ce que proclament les deux premiers versets du texte. Quant à savoir ce qu’il faut à l’homme pour répondre à cet amour et recouvrer la vie, c’est l’objet de son troisième verset ; un verset dont le sens est particulièrement dense et sur lequel nous allons focaliser toute notre attention.

On ne saurait en comprendre le sens si l’on ne fait pas un rapprochement entre l’image du Christ exposé sur sa Croix et celle de ce fameux serpent d’airain, dont parle de Livre des Nombres au chapitre 21, et que Moïse a dû agiter au-dessus de la foule, afin de la sauver. C’est là un rapprochement étonnant mais que la langue araméenne suggère pourtant de façon explicite en donnant la même « valeur numérique » au mot Messie et au mot serpent, et en jouant sur l’assonance des vocables "hewiya" (serpent) et "hawa" (Ève) dont la racine commune signifie la vie (cf. phrase B.III qui fait écho à ce serpent).

C’est par cette étrange métaphore que la venue d’un Divin Sauveur a été annoncée au peuple de la Promesse ; à ce peuple qui pour répondre à l’appel de Son Dieu et pour prix de ses révoltes, a dû endurer les souffrances du désert et notamment les morsures mortelles des serpents.

Le livre des Nombres (21,8-9) rapporte l’épisode en ces quelques mots :
« L’Éternel dit à Moïse : "Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie."
Moïse fit un serpent d’airain, et le plaça sur une perche ; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d’airain, conservait la vie.
 »

L’analogie entre les deux occurrences est évidente. D’un côté la guérison est donnée par l’image d’un horrible serpent que la foule honnit parce qu’il l’accable de tous les maux dont elle souffre. De l’autre côté le Salut est apporté au Monde par un Supplicié que les pharisiens et les Grands prêtres ont cloué sur le « bois d’infamie » et exposé au mépris et aux crachats de la multitude. Dans un cas comme dans l’autre, le salut est assuré par ce qui est objet du mépris et de la haine.

De la « Foi commune » à « L’acte de Foi »

En somme, entre le Crucifié qui sauve et le serpent venimeux qui guérit, c’est un même paradoxe que l’on trouve ; un paradoxe qui oblige les croyants à redéfinir la posture de leur foi, et dont il faut tenir compte pour comprendre ce que Jésus enseigne dans cet évangile, relativement à la responsabilité des hommes, à ce qui les condamne et à ce qui les justifie.

Ne saurait être considéré comme vraiment condamnable l’homme qui a la « foi commune », c’est-à-dire la foi de ses pères, pour ne pas dire « la foi du charbonnier[1] » ; toutes croyances qu’il a reçues avec la vie et qu’il a peut-être entretenues de façon sincère et avec fidélité. Peut-on lui faire grief ne pas avoir su accueillir la Bonne Nouvelle du Royaume, alors que cette Bonne Nouvelle ne lui a pas encore été annoncée ? Même si elle n’est pas dans sa plénitude, même si la Miséricorde n’y a pas toute se place, sa foi n’est pas tout à fait vaine. Elle est seulement inaccomplie.

En revanche, il est bel et bien condamné celui qui ne croit pas « en l’acte commun » de la foi. C’est à dire celui qui ne fait pas l’effort de mettre sa confiance en Jésus-Christ ; en Celui qui est le Seul Sauveur mais dont la victoire sur la Croix n’est pas plus évidente pour un esprit raisonnable que peut l’être la vertu thérapeutique d’une morsure de serpent !

Annoncer la Bonne Nouvelle... nous concerne tous

Invitez vos proches à découvrir ce contenu en leur communiquant l'adresse de cette page (copier l'adresse) ou directement grâce à ces liens pour WhatsApp , Facebook , X (Twitter) , LinkedIn et sinon par email. Nous comptons sur vous.

 

Revecez Etphata par email
grâce à notre lettre :

Image d'illustration

Le christ sur la croix

Eugène Delacroix - 1835
Musée des beaux-arts, La Cohue - Vannes
Voir : La confession du bon larron et la puissance de la Miséricorde


Flashcode2url

Pour réagir ou partager cette page, retrouvez-la sur votre écran :
URL courte : https://etphata.org/184

Accueillir l'Évangile de ce Dimanche :

Jean 7,37-39 - L’eau vivifiante de l'Esprit - Évangile du dimanche 24 mai

Image d'illustration

Le baptême institué par Jean n’était ni une formalité religieuse, ni un simple « rite de passage » ou une curiosité ethnographique. Il était fait pour s’inscrire dans un parcours spirituel et liturgique et préparer le fidèle à l’accueil du Messie. C’est ce que cet évangile nous enseigne. Lire la suite >>


Marie Mère de l'Église

Et moi j'ai vu et je rends témoignage

Image d'illustration

Un argumentaire raisonné pour un nouveau regard sur l’histoire de l’Église et des évangiles. Ce livre vient à la suite de Marie Mère de Mémoire et propose nombre de références rendant justice à la qualité des textes canoniques dans la langue de Jésus et mettant en évidence l’organisation de l’Église mise en place par Jésus ainsi que le rôle discret mais essentiel de Marie. Lire la suite >>


Église des origines

Les bonnes nouvelles du Vatican

Image d'illustration

Nous sommes heureux de vous annoncer deux bonnes nouvelles concernant la recherche sur l’Église des origines. D’une part, la sortie par les presses du Vatican des actes du colloque organisé en 2021 sur le thème de l’histoire des premiers siècles de l’Église. Colloque auquel, comme vous le savez, nous avions largement contribué. D’autre part, dans une lettre publiée ce 21 novembre 2024, ... Lire la suite >>



Un message, un commentaire ?

Vous êtes nouveau sur le site : S'inscrire.

Vous connecter avec vos identifiants personnels :

mot de passe oublié ?


Image d'illustration

Pierre Perrier

Rue de Mouchy - Versailles

Formulaire de contact